• La Médecine du travail en danger

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    La Médecine du travail en danger

    Une réforme peut en cacher une autre. Dans le flot d'amendements déposés au projet de réforme des retraites, les députés ont adopté, dans la nuit de mardi à mercredi, un amendement réformant l'organisation et le champ d'intervention de la médecine du travail. En mai, le ministre du Travail Éric Woerth n'avait pas exclu "un lien entre le texte sur la médecine du travail et celui des retraites", en raison de la pénibilité et des facteurs d'expositions aux risques. Le lien est donc fait et suscite la colère de certains professionnels. Bernard Salengro, médecin du travail et secrétaire général de la CFE-CGC, la Confédération française de l'encadrement, déplore le passage "en catimini" d'une loi dans une autre loi. "C'est un déni de démocratie", déclare-t-il. 

    De la protection des salariés à leur maintien dans l'emploi

    Première conséquence de la réforme : l'indépendance des médecins du travail est remise en cause. L'amendement précise que "les missions définies sont exercées, sous l'autorité de l'employeur, par les médecins du travail". Une disposition qui remet en cause l'autonomie du médecin dans le domaine médical, initialement libre de définir ses missions sans avoir à se préoccuper des préférences du chef d'entreprise. Le syndicat CFE-CGC y voit le "transfert de pouvoir et de mission du médecin du travail à l'employeur".

    La réforme décharge le médecin du travail de sa mission principale, celle d'"éviter toute altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail", et confie au directeur du service de la santé la conduite "d'actions de santé au travail visant à préserver la santé physique et mentale des travailleurs, tout au long de leur parcours professionnel, et à les maintenir dans l'emploi". "La médecine du travail ne sera plus un outil de protection, mais un outil de pression du salarié où on dira monsieur le salarié, vous êtes atteint de surdité, mais c'est à cause de vos écouteurs, ce n'est pas la machine qui fait trop de bruit, dénonce Bernard Salengro. "Ça va devenir de l'accompagnement de main-d'oeuvre rentable, et non plus de la protection de la main-d'oeuvre", poursuit-il.

    La mesure précise que les "missions des services de santé au travail" sont désormais assurées par "une équipe pluridisciplinaire", composée du médecin du travail, "d'intervenants en risques professionnels" (ingénieurs, techniciens...) et d'infirmières. "L'activité des infirmières ou des intervenants professionnels est complémentaire à celle du médecin du travail", déclare André Deseur, président de la section "exercice professionnel" du conseil national de l'Ordre des médecins. "Mais l'intervention de chacun d'eux doit intervenir à la demande du médecin du travail pour que ce soit toujours guidé par l'intérêt du salarié, et non par l'intérêt économique", conclut-il.

     

    (Source : lepoint.fr )

    Lire également l'intervention de Bernard Salengro, médecin du travail et secrétaire général de la CFE-CGC : "On revient à la médecine du travail instituée par Pétain" 

     

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